Le Pays sous la Colline est une histoire qui a débuté en 1999, à quelques mois de l'an deux mille. Alors étudiante à Lyon mais résidante du joyeux Pays de Gex (je suis ironique la, hein ?) Je passais une bonne partie de mes week-ends dans des trains et bus pour faire l'aller retour. L'ennui étant mère de l'inspiration, j'imaginais alors la majorité de mes histoires et dessins à ces occasions… Et un jour, vint ma Muse avec ses gros sabots et une idée de bédé.

Le D-Club, premier jet.

Cette idée ne dura pas plus d'un allé retour Lyon Gex Lyon. C'était alors un D-club très peu dragonnique, qui narrait les mésaventures d'un studio de dessinateurs BD (le Dragon Club) ou chaque auteur avait un pseudo comme Dragon King, Dragon Queen, Dragon Bishop etc.… (note : King, Queen, Knight, Bishop et Rock sont les noms des pièces d'échec en anglais) Même si l'idée me semblait intéressante, je sentais qu'il manquait, comme dirait France Gall, ce petit supplément d'âme. Le studio Dragon Club fut donc remisé avec d'autres idées sans suite, n'ayant même pas eut la grâce d'un croquis de perso.

 

Le D-Club : La renaissance

A peine quelques semaines plus tard, dans les même conditions d'inspiration et aidée par un ou deux cocas, le nom du Studio Dragon Club recommença à me trotter en tête, tant et si bien que le nom fut raccourci en D-Club.
Et là, ce fut l'illumination, à genoux et rendons gloire, Enat apparut devant mes yeux ébahis. Enfin, disons que la première image mentale d'une longue série de perso arriva. Alors dénommée Blue (mon dieu l'imagination que j'avais à l'époque), elle avait déjà le caractère vif et les coups de latte facile. J'avais le titre, j'avais le personnage principal, me manquait le scénario et le monde.

 

A la recherche d'un univers

Pendant plusieurs semaines, je ne touchais pas au bébé qui était en train de se faire ses premiers pas, cherchant un univers dans lequel Blue pouvait se développer à son aise. J'ai commencé, assez étrangement, par me baser sur la Bible, cherchant à établir un rapport entre Blue et saint Michel (ou l'archange Michael me rappelle plus trop, j'avoue). Toujours est-il que c'est la que Blue écopa du nom de famille de Mikaël, qui évoluera plus tard en Michaòl. A cette époque vint aussi DK, qui lui, fut inspiré par la lecture du Graal en ancien français.

 

King Fisher, le roi pécheur.

Passant du Roi Pécheur à King Fisher (je traversais ma période: mot anglais=cool) le personnage de DK a commencé à se développer à partir du concept d'un roi qui aurait commis des fautes ou des erreurs. Tout de suite, j'ai vu un personnage masculin, très sombre, complètement à l'opposé de Blue. A ce moment, les deux personnages se faisaient plus précis dans ma tête et l'idée qu'ils portent des surnoms revint à la charge. King Fisher devint le nom de famille du personnage et son surnom fut Dragon King, abrégé comme le titre en D-King, voire DK. Blue, dans le même moment, perdit son nom, devenant Dragon Queen ou DQ. J'avais les deux personnages principaux et leur relation s'ébauchait au fur et à mesure, devenant tour à tour rivalité, franche hostilité, amitié enfantine et même love story camouflée sous longue histoire de haine.

Caser les persos principaux ? Eeek non !

Caser King Fisher et Mikaël ? J'avoue avoir caressé l'idée un moment, mais cette garce m'a ensuite filé un coup de croc. Non ça aurait été une solution de facilité et j'avais déjà comme devise : " pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué".
Ca et un troisième perso arrivait à petits pas.

 

 

La classe est avec elle

Aussi amusantes étaient les altercations entre King Fisher et Mikaël, je sentais qu'il manquait quelques grammes de finesses à ces deux brutes, et qu'il me fallait un troisième personnage pour équilibrer et calmer ces deux fortes têtes. Un perso qui complète les deux déjà existant, mais impose aussi sa propre personnalité.
Je n'ai pas eut besoin de réfléchir plus de cinq secondes avant que le personnage n'apparaisse.
Une dragonne plus féminine que Mikaël, mais avec un tempérament assez solide pour mater King Fisher Afin de pouvoir tenir tête à la force brute des deux sus nommés, j'ai décidé que cette dragonne serais une magicienne surnommée Dragon Bishop (D- Bee).
Et ainsi arriva le premier croquis des persos, qui me fait personnellement hurler d'horreur quand je le vois. A noter que les traits principaux étaient déjà en place : Cheveux longs et ailes droites pour D-Bee, cheveux court et look garçonne pour DQ et yeux verts et clope au bec pour DK.

Et enfin, l'univers.

D'emblée et comme vous pouvez le voir sur les premiers croquis, c'est un univers moderne qui s'est imposé. L'idée de dragons en basket et adepte du milk-shake m'a toujours semblée marrante à utiliser.
Donc c'est décidé : Le D-club, ce sera l'histoire de dragons dans le monde moderne.
Les dès en sont jeté mais le scénar ne suit pas.
Le premier synopsis du D-club : Chronique d'une adolescence dragon, me lasse au bout de même pas deux semaines. Si ça me permet de poser les bases des relations entre les trois persos, plus leur famille et leur amis (dont l'apparition très anecdotique d'un gosse loup-garou que DQ babysittait), ça ne fait absolument pas avancer le schmilbick et je m'écarte sensiblement des débuts de mes recherches avec l'origine de DQ et King Fisher

On efface tout et on recommence.

Et cette fois, on trouve de quoi faire un scénario, ou du moins donner un intérêt à l'histoire. Persuadée que le problème vient du côté dragon de la force, je me décide à fouiller dans toutes les légendes draconiennes que je connais, puis celle que je ne connais pas.
Et, alors que je cherchais mon dictionnaire de mythologie Greco romaine (toujours pas retrouvé à ce jour, amen pour lui), je retrouvais un disparu de longue date, datant d'un voyage en Irlande, un ou deux ans plus tôt.
Un dictionnaire de prénom Gaélique.
L'ouverture au hasard pour rigoler me fournit immédiatement le nom de D-Bee, Roìsin (plus tard Rowan à cause de la lecture d'Anne Rice). Puis DQ se retrouve nommée Enat et DK doit attendre un moment avant que je puisse choisir entre Erskine et Donovan.
C'est l'illumination.
Exhumant d'un tas quelconque les restes et souvenirs de mon voyage en Irlande, je commence à recentrer l'histoire autour de la civilisation celtique.
En quelques jours à peine, le Pays Sous la Colline prend naissance, ainsi que les bases de la civilisation des dragons, les six familles et les autres créatures. L'idée de l'emprisonnement des mystiques me donne l'occasion de développer le Roi Noir, puis saint Mikaël qui devint Michaòl (version irlandaise du prénom Michel). Et enfin, le lien se fait quand j'ai l'idée de réincarner le Roi Noir dans le corps de DK.

Dernier détail avant le lancement officiel.

L'histoire commençant à prendre son rythme de croisière, quelques détails changent. Après plusieurs semaines à confondre les noms et surnoms de Rowan et Enat, elles finirent par échanger les surnoms avant de les oublier tout à fait. Le Roi Noir, partit d'une idée très nébuleuse, se développe bientôt jusqu'à obtenir les faveurs de ma bêta lectrice, surtout quand Michaòl arrive à son tour.
Mais dans cette histoire de destin renouvelé, il manquait le grain de sable qui enrayerait le tout, et ni Rowan, ni Enat, et encore moins DK ne semblaient disposé pour prendre ce rôle. C'est la que reviens le petit garou anecdotique, qui, une fois relooké et repensé, devient le quatrième larron du D-Club.

Le reste, comme on dit, c'est de l'histoire… alors lisez là.